30.03.2007

Crawfish

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Cliquez sur le tunnel pour arriver chez O., qui vient d'ouvrir un commerce.

29.03.2007

Automne

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27.03.2007

Eglise abandonnee (2)

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26.03.2007

Eglise abandonnee (1)

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25.03.2007

Swamp

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23.03.2007

Le petit peuple de Ferriday

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22.03.2007

Ferriday Burgers

L’artère principale de Ferriday Louisiana : Jiffy’s Mart sur votre gauche, station essence où l’on vend du poulet frit, de la bière et des pipes à crack, plus loin le marchand de « Fresh Coons » (parait que le raton laveur frit, c’est fameux) et de « Fried Gar », cet espèce de poisson-poubelle gras et osseux, sur la gauche Delaware Avenue avec la cabane éponge, ratatinée et ondulante en face de laquelle siège la maison funéraire d’un certain Davis qui doit être mort lui aussi vu l’état des lieux. Delaware Avenue est coupée par des rues verticales aux noms évocateurs : 1st, 2d, 3rd, etc.  Rue 8, si vous allez au bout, la maison du demi-dieu de Ferriday, Jerry Lee Lewis, et à coté de la dite maison, le J. L. Lewis Drive In, espèce de garage conçu en forme de tunnel où l’on peut acheter des boissons alcoolisées pour un prix modique, triple shot de tequila glacée au volant ou milk shake arrosé de rhum pour la route. Le grand carrefour de Ferriday mène en gros à quatre endroits : la prison locale, si on va à gauche, la poste si on va à droite, la prison pour jeunes délinquants tout droit, Big John’s Burger, c’est derrière.

Big John’s Po Boys and Burgers, proud to cook for you since 1972.

Intérieur formica imitation ébène, sièges de moleskine rouge, tables jaunes et oranges, au menu : cotes de porc fumées, fritures en tous genres, poisson-chat, crevettes géantes, crevettes pop-corn, écrevisses à la chapelure, huîtres, oignons, fromage à la chapelure, et surtout, surtout, ces cheeseburgers trop épais, pain mou qui tente d’envelopper un steak haché énorme couvert de moutarde, de cheddar, de laitue et d’oignons frits. Big John bouche les artères des bonnes gens du village …euh de la ville (« fuck you, it ain’t no village, it a litlle town ! ») depuis plus de trente ans. Les procès les plus juteux contre la malbouffe et les pilules amaigrissantes miracle (vendues au Jiffy’s Mart), c’est ici.

Trois serveuses derrière le comptoir, surveillées par la patronne, blonde d’une bonne quarantaine d’années, maquillée à la gouache, qui bat la mesure avec son index droit pendant que la radio susurre un rock a billy idiot. La patronne est tout de rose vêtue, à coté d’elle, sous une cloche de verre, dort un immense gâteau, rose lui aussi, sur-décoré lui aussi, la crème pale jaillisant des rebords moelleux comme jaillit l’énorme paire de nibards que la maîtresse des lieux donne à reluquer à ses consommateurs. La disposition de la salle est telle que chaque tête ne peut que converger vers la poitrine enflée, exubérante, sortant de cette corne d’abondance rose, fluorescente. D’un œil mauvais, elle passe les commandes à ses sbires, des types à moustache la complimentent, le plus vieux fait une blague bien grasse au jeunot - regardez comme i dit rien stilal comment y est impressionné par vot’beauté -, les braguettes se gondolent à mesure que la barbaque disparaît des assiettes, d’autres gars à casquette camouflage débarquent, avec leur nom écrit sur la chemisette et le même air viril et gêné à la fois, les mêmes blagues, le même sourire de la grande dame, la même impassibilité. Les hommes aux bottes pointues et à la nuque longue se figurent peut-être le nez enfoui entre les deux montagnes de chair rosâtre, la main dans l’entrefesse grasse et suintante du gâteau de margarine colorée, derrière le Slim’s Lounge ou n’importe quel autre honky-tonk local. La viande est déglutie avidement sous le regard terne de la reine du barbecue, Big John amène quelques mètres de cotes de porc grillées et retourne à son ouvrage, au passage elle lui sort une bud de la caisse à glaçons, les visières camouflage penchent vers le bas, la serveuse noire crie 575, le poisson crépite encore de sa plongée dans les huiles profondes et bouillantes de Ferriday.

Marchand de fraises, Hammond Louisiana

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Hammond Louisiana, une rue centrale, un coiffeur, un dentiste, un restaurant mexicain à la place de la gare, des rails ensevelis sous la boue sèche et les pissenlits, plus loin un cimetière plat et rond, comme la Louisiane, plate, ronde comme une pancake gorgée de sirop brun, lacs et nervures de molasse, des terres agricoles à perte de vue gagnées après des batailles titanesques avec les marais, champs desquels émergent parfois, souvent, un chicot, une grange, une cabane dépouillée de ses parois. Hammond, capitale de la fraise, rivalisant avec sa voisine, Pontchatoula, capitale de la fraise. Pontchatoula et ses facades à géométrie variable, ses pancakes au sirop de fraise, sa biere à la fraise, sa miss fraise en costume de fraise, et son klu klux klan endormi et autrefois tout-puissant. Hammond, sans fard et laborieuse, ancien vivier de fermiers siciliens, les « dagos » que les crânes de pigeon de Pontchatoula boxaient gratuitement, parfois une disparition, un boy noir trop récalcitrant, un Italien qui a des vues sur la fille du banquier local, langue coupée au hachoir, nez brûlé au fer blanc, bite fendue et salée, deux balles dans la cervelle, le corps jeté dans une rivière, dans un bayou touffu et hostile, le sud de Jim Crow, la messe le dimanche, la chemise blanche amidonnée les manches retroussées, les cheveux gominés et plaqués en arrière, la femme à la maison, les oeufs brouillés et les pancakes au sirop de fraise le matin. La Louisiane des couillons et de l’anglais mâché.
Qu’avait-il à voir avec tout cela, ce vieil homme qui vend des cageots de fraise sur le bord de la Highway 61 North ? Assis sur une caisse en bois sous un parasol bleu clair, à coté d’un vieux pick-up Ford bourré de fraises éblouissantes, il regarde le défilé des barbares enfermés dans leurs tanks climatisés. Elles sont pas pour rien ses fraises, mais elles ont fait de la route, et le vieux bonhomme ne s’accorde sûrement pas le motel le soir venu, peut-être fait-il les deux heures et demi en tacot chaque jour, peut-être ses ancêtres étaient italiens, peut-être venait-il de Pontchatoula où, avec la force du temps immobile, les choses se sont figées, paralysées. En mai, un vieux barbu prendra sa place pour vendre les pastèques de Farmerville Louisiana, ville la plus statique du monde.

20.03.2007

Alligator

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17.03.2007

Porte des desirs

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