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30.11.2006

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 Peut-etre cela contient-il le visage glabre d'un soldat russe, peut-etre cela contient-il autre chose que le temps, mis en boule par les soins d'une femme aux grands yeux acajou.
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nuit / nuages / feuilles

Natchez.
Ocre.
Fatigue. 
La nuit est tombee en l'espace de quatre minutes, le vent s'est acharne sur le tapis de feuilles, le clavier bouffe des lettres et le fleuve chante des melodies d'argile.
Natchez.
Ocre.
Falaise.
Dormir. 
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29.11.2006

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Sous les blafardes lueurs de réverbères arrondis, la peau fine et transparente de son cou s’embrasait. Cette vision glaçait ta chair. La beauté nitescente de ces fragiles rigoles de sang prêtes à rompre sous la caresse délicate de ton index tremblant. La lumière se rencognait, s’élaguait dans les boucles spectrales de ses cheveux mouillés. Autour, des brassées de paille posées en javelle, la mer furibonde et le goudron huileux d’un boulevard étroit.

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28.11.2006

Eau

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podcast
Musique de pluie.

27.11.2006

Ronchin

Quand ça pincait le noir des oreilles, quand ça passait au dessous de la peau, que les os devenaient givre et les paroles vapeur froide, quand on passait à coté de ce magasin malingre, peuplé de mannequins moribonds sourire de plastique écorné oeil délavé au travers de la vitre sale et fumée, orange passé teinte de nuit Ronchin, Ronchin, comment se déplacer dans les couloirs pisseux poisseux sirupeux, sous la chape grise de l’autoroute sous la nappe jaune du métro Porte de Douai, passer sous la rame et l’autre monde, la ville, les lumieres, les quartiers populaires, mais non, Ronchin, Ronchin et tu prenais parfois peur lorsque l'on passait près de ces femmes calcaires, moue d'indignation devant la laideur, je riais pour me donner de la contenance, puis on tournait, au coin le café des chasseurs, orange aussi, les petites dalles jaunes par terre les tabourets chromés revetus de moleskine beigeasse, les néons et le bar en formica aspect rustique, milieu de foret, nature au milieu du tourbillon de mégots et de fonds de ricard, les emphysémateux, eczémateux, œdémateux soupirant la mousse rance de la bière fade, l'odeur alléchante de la baguette congelée réchauffée dans un four au bon pain d'autrefois et un peu de farine par dessus pour te faire raquer deux ronds de plus pour le boulot campagne mon cul et leurs beignets chers, gras, onctueux en face du penny prix bas le cognac excellence les crepes jambon-fromage la maitre-brasseur le chocolat allemand et lui, au loin, dans son carré-ciment creusé au coeur du rectangle-béton, ses idées étincelles et son chapeau rond, lui qui marchait le dimanche soir vers Ronchin, Ronchin, sous ce toit le chauffage qui glougloute la lucarne grande ouverte la lumière faible le cendrier éructant cartons clopes brindilles, l'attente, l'avenir remodelé cent fois avec la meme impatience, puis descendre, le café des chasseurs la boutique les visages de ces mortes, le chic falacieux, la rue en grumeaux et les cernes aux poumons.

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Le fond

Aller toucher la cime frisée des arbres qui chatouille mollement le bas du ciel, la où le bleu se mêle à  la candeur horizontale des clefs blanches, aux cirrus épars et ronds, à l'ordonnance pâle des murs polis, aux sillons rectilignes maudissant le chaos et le déséquilibre.

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Cahier

Aveuglante réverberation
De la lumière
Sèche du soleil
Sur la paroi nue
Des caveaux,
La langue d'aspic qui lèche
Le regard bariolé de rouge.
La brise venue
Du moite élément
S'engouffre
Dans la lumière
De sa bouche.
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podcast
 
 

26.11.2006

Ville

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Regard ciment.

Perdre.

Partir.

Tousser.

25.11.2006

*

Au milieu du lac : une faille laissant passer lentement quelque chose de roux, pelucheux, grenu, puis la cicatrice se refermant, ou plutôt, reculant, disparaissant à l'interieur du drap de cire, dans un renflement de velours terne, flasque et fripé. L'écoulement paresseux de la cire en larmes qui s'accumulaient en grappes morodorées.

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Vous

"Come awake Fenist the Falcon. Long have I sought you, and I have worn out three pairs of iron shoes, broken three iron staffs and eaten three stone loaves." 
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