29.09.2006

Billy Boy Arnold

"Mes mains ont devore des existences. Je me suis multiplie de choses inertes et peuple d'homme morts."
Henri Barbusse
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27.09.2006

Une voix sous l'escalier

Approximation, imprécision, incorrection, inexactitude, laideur, médiocrité.

Correction, exactitude, impeccabilité, parachèvement, précision.

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Amertume

 Pourquoi vouloir traduire le silence ? Tout est monticules et lopins. Lopins.
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25.09.2006

Durere

Compression du milieu vivant dans la bouche mauve du fleuve.

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22.09.2006

Politique

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De New York a Ferriday.
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20.09.2006

Pousser

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18.09.2006

Swamp

Aligner, tenter de représenter, des mots, du mélange, bordel, raffiner, filtrer, ressasser, pour enfin arriver à la description précise, l’absence d’action, le temps figé, cet espèce d’au-delà du monde qui se tient dans l’apparence, dans l’étant même du quotidien. Peut-être a-t-on trouvé avec la photographie un moyen  de doubler le réel, de le donner dans sa profusion et son unicité cadrée, débordante. Au-delà. Pourquoi se délivrer d’une mystique du quotidien ? Autrement dit, qu’est-ce qui nous fait accepter comme normal ce qui est déposé devant, l’habituel ? Il n’y a pas deux réalités, ou une seconde réalité sous-jacente à la première, une forme inconnue qui régirait nos faits et gestes. Conneries paranoïaques. Il me semble que la photographie, mieux que le verbe usé permet, parfois, d’enregistrer cette émanation seconde, vaporeuse, incertaine. Ou alors utiliser l’usé, mais ce n’est point évident. Certains arrivent à faire un trou dans le monde avec les mots. La mise en conserve du monde, son encadrement m’apparaissent comme la méthode adéquate pour retenir une réalité vidée de ses significations anthropomorphiques. Effet donné avec la matière même du réel : en pointant le détail, en figurant le réel de manière aussi précise, celui-ci se décante pour s’offrir dans une vision défamiliarisée. Le Paris de Atget, par exemple.

 

L’image a la faculté paradoxale de répéter le singulier et n’est pas capable d’abstraction, ni, en soi, de déposséder le réel de son idée ; l’image n’est pas capable de négativité. Le monde lui aussi ignore l’abstraction. L’image surface serait la négation de toute idée d’essence. Le monde sensible est le seul qui nous est accessible. C’est en celui-ci que cette forme évanescente, l’au-delà, doit être cherché. La vie parmi les morts. La texture du passé. Forme brute du langage, absence de la communication morbide, forme de matérialisme plastique.

 

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15.09.2006

Allright

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12.09.2006

A propos de Jefferson County

Le comté d’Adams a  été joliment préservé, mis sous film cellophane, passé au micro-onde, il y a encore certes quelques microbes, notamment à Natchez, des quartiers qui penchent vers le moisi verdure, mais dans l’ensemble, puisque qu’un club de mémères a décidé qu’il fallait sauver les grandes maisons de planteurs dans les années 30, on a pris soin de maintenir en état quelques joyaux maisons chou à la crème qui appartenaient, belle lurette il y a, à quelques blancs ventripotents fouet à la main quinine et traits tirés, marchands et possesseurs d’esclaves qui affichaient leur richesse dans des combats de grandiloquence architecturale. Bienheureux, deux cent ans plus tard, de pouvoir marcher au milieu de ces monuments d’un goût parfois douteux. Louées soient les mémères du Magnolia Club d’avoir commencer à préserver notre petite ville et ses fières demeures, même si cela fut fait avec l’orgueil qui sied à la descendance décatie de cette aristocratie suante et lascive. Le comté d’Adams est ainsi visité par les possesseurs de guides, tel le « guide du routier » qui vous recommandera de ne pas pousser plus loin que Natchez, car au-delà, le rien, le vide. Le vide.

 

Au nord du comté d’Adams, celui de Jefferson. Avec la ville de Fayette pour centre (voir plus bas). Comté avec la plus grande densité d’Afro-Américains aux Etats-Unis, avec le plus grand taux d’obésité du pays (il est célèbre pour les procès intentés par ces masses gigantesques de graisse ambulante à l’encontre de Macre Donaldre et autres), l’un des plus pauvres aussi, moins de 10000 dollars par foyer par an. Plus de 30% de la population sous le seuil de pauvreté. Trailers, cabanes pourries, enfouies sous les arbres, des gamins sans avenir, parfois sans bouffe le soir dans l’assiette, l’administration assoupie, papiers qui croupissent en attendant la mort dans des cartons humides. On ne veut rien savoir de Jefferson County, autant que les archives se détruisent d’elles-mêmes. Il y a quelques livres sur ce lopin de Mississippi, notamment les fabuleuses archives d’Ann Brown qui parcourt sans relâche le comté, qui compile, enquête, fouille, connaissant le moindre chemin de terre, le moindre cimetière enfoui derrière une courbe végétale à laquelle personne ne daignerait le moindre regard.  Entre les cèdres et les hêtres, à la surface, rien de bien palpitant, à part la vue d’un bout de la riche Amérique qui crève dans la lenteur, la moiteur et la chaleur sourde d’une fin de mois d’Août. Les serpents à sonnette rampent cependant sur des centaines de pierres tombales, sur des anciens champs de coton, des sites où furent parfois érigés ces manoirs flamboyants signe d’une richesse rapidement survenue, rapidement disparue aussi, laissant en ruines sèches ces colonnades grecques portes massives en cyprès sculpté piano canadien touches d’ivoire vernies par le vert de gris la pluie qui passe au travers du toit pourri. Il reste bien peu de ces habitations, lorsqu’elles sont encore debout, elles sont bien souvent dans un état pitoyable, leur beauté enfin mise à nue par l’érosion. Les routes qui y mènent, autrefois asphaltées, sont redevenues gravier, les cimetières, minuscules clairières où dorment profondément des enfants terrassés par la fièvre jaune. Chemins peuplés d’êtres vaporeux, halos diffus entre les larmes de mousse espagnole. Sous les feuilles cassantes des magnolias s’agitent les corps meurtris des esclaves, effacés des mémoires. Jefferson County fut leur enfer, il leur a fallu défricher une foret encore vierge, subir la chaleur brutale, les émanations méphitiques des marais. Woodlawn, Prospect Hill, les promesses de retour en Afrique, la peur, la société démocratique grecque revenue en ridicule fantôme. Prospect Hill, une plantation dont il sera encore question (superbe livre d’Alan Huffman, Mississippi in Africa), manoir presque à l’abandon habité par un fou armé de sa carabine, quel stratagème à inventer pour arriver sur cette sacro-sainte propriété privée ? Le Liberia pas loin.

 

Jefferson County condense l’histoire du sud de l’Amérique, de ses effets à long terme. Ce comté est une relique d’un passé proche, un formidable labyrinthe d’églises tombées en poussière, d’échoppes croulantes, de pierres tombales chargées de symboles. Quand la machine à photos sera réparée… PS : là, sur la droite, il y a un album Rodney. Rodney fut la ville la plus importante de ce comté au début du dix-neuvième, vous pouvez aller voir ce qu’il en reste. Spooky ghost town…

 

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11.09.2006

Abandonned Church, Jefferson County

Un hetre pousse sur l'autel, du gazon sur les hosties, le tabernacle en secret de cafards et moisissure en guise de deambulatoire.
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