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14.12.2007

La mort d'une ville

On ne peut que se réjouir de la marche du monde. L’optimisme, à grands coups de louches à caca ! De la bonne nouvelle en flux continu, des sourires chiés par tous les trous du réseau. On va ouvrir deux casinos à Natchez, la population se réjouit, la queue dressée et les poings appuyés sur la couenne grasse. La plus belle vue sur le Mississippi des Etats-Unis qu’on nous dit, Natchez, et le patron des casinos qui nous assène du mes braves gens la vue est tellement belle que je dois la montrer à mes gosses le prochain coup. Alors, pouillasse, si la vue est belle, pourquoi tu veux y couler une diarhée de béton à 50 millions de dollars. Va t’en t’construire une villa à Malibu avec huit chiottes et dix putasses blondes à miches gonflables dans un jacuzzi de champagne australien, cloche à foutre !

Et tous les sacs à merde de Natchez chantent des yes la bouche en cul. Ces cretins qui refusent qu’un monument soit érigé là oū il y avait le second plus grand marché d’esclaves du sud. L’esclavage c’était pas si mal après tout, on va en remettre une couche avec le casino. On imagine bien sur le redneck en tenue camouflage, mais c’est pas lui la sale bête, c’est toute cette bande de chiens vivant dans les grandes batisses construites par les esclaves, les descendants de la noblesse décatie, ces avachis alcooliques. C’est pas Blanche Neige qui va laver les chiottes dans leur putain de casino, c’est pas cussendron qui va servir des whiskys gratos pour que pépère joue tout son fric sans y penser. Et cette cage à drisse va être construite la oū on devrait avoir rien, que dalle, nada, nin bézef, ou alors deux bancs et des arbres, qu’on laisse les oiseaux, les tatous, les ratons en paix, qu’on nous laisse marcher sur les bords du fleuve sans être éblouis par la connerie végassienne ! Les rats !

A y regarder de plus près, on se dit, dans notre commune ravagée par le chomage et la drogue, 300 jobs de plus, faut pas cracher dessus, quitte à souiller le Père des eaux et la beauté inouie de notre ville. Un bon parking, un magasin de loques et un casino géant à la place de vieux chênes, que du Progrès ! Mais les emplois offerts sont comme ceux des prisons privées (une nouvelle va s’installer dans notre ville ! Putain, y a du monde à pendre dans les administrations du Mississippi), salaires minimaux insuffisants pour les besoins d’une famille, même réduite à un seul individu. La nuit tu fais tourner les roulettes, le lendemain tu disposes le papier cul sur les étals d’un supermarché. Et un casino demande beaucoup d’esclaves (êtes-vous surpris si je vous dis que les travailleurs sont à 90% noirs ? et que les managers sont des blancs de l’Ohio ?). Les emplois dans les petits business en ville vont en prendre un sacré coup dans le derche, déjà le walmart asséchait le centre-ville. Le petit resto de mon pote Breaud et ses sandwichs pas chers ? Dans le cul de la ménagère. Avec de la mayonnaise. 84% de criminalité en plus dans les rues des communautés abritant des casinos. Avant je pouvais retrouver mon pote M. allongé en calbute dormant devant un magasin tellement il était rond, maintenant j’aurai plus de chances de le retrouver avec la bite dans les oreilles et le portefeuille vide. La criminalité liée aux casinos absorbe toutes les forces de police d’une ville. On se plaint des problèmes immenses liés au crack, à la pauvreté, on ne veut pas y mettre un dard, mais le casino et la prison, on leur file l’eau gratuitement. Les rats.

Lorsque je me promène un dimanche dans le centre, je dois voir en tout 8 bagnoles et quatorze chats. Maintenant y aura des 4x4 qui me chieront leur gaz dans le nez, des gras de la panse poivrasses qui ne manqueront pas de me raser les gencives, du trafic partout, toujours.

C’est une affaire résolument fécale. 60 000 chasses d’eau par jour. On ne compte pas ceux qui vont chier dans les hotels du dit casino. On le traite comment l’océan quotidien de merde ? On boit l’eau de Natchez parce qu’elle provient d’une source propre. On paie pas cher notre eau parce qu’on la gère bien. On va ouvrir de nouvelles usines à nettoyer les crottes ? De la spéciale lendemain de biture mêlée à de la junk food, de la bien molle qui nous tombe dessus, tout droit du ciel. L’enfer du jeu dans le trou des puritains. Sarkozy veut pas nous filer un réacteur nucléaire pour décrotter nos eaux ? Il en a filé un au doux Mouammar, pourquoi pas à ses amis néo-conservateurs, c’est eux qui font la loi dans le Mississippi. Le parrain de Bush est notre gouverneur, l’ordure Barbour. Après l’ouragan Katrina et les dégats occasionnés sur les cotes du Golfe, notamment sur les rafiots-casinos (car on n’avait pas le droit de construire de casinos sur la terre ferme), le cher gouverneur-ordure a chié une loi pour le littoral autorisant ces infects établissements à construire sur le dur. Ca devait être pour le littoral, mais bon, on est dans le sud, la loi, on te la carre dans l’urêtre. Avec du vinaigre et du gros sel.

La population qui se ruine dans les casinos, car ouais, on perd ses sous la dedans, le jackpot est toujours pour André ou Gérard, jamais pour ta gueule, mais qui ne tente rien c’est du boudin, donc la population : des types et des femmes pauvres, parfois en pantoufles, souvent bourrés, qui vont perdre leur quinzaine au milieu des bidibips mélodieux et des vapeurs de moquette et de dégueulis. Naif je me disais que c’était pour les richards, du cul ma bite ouais, c’est les plumés qui viennent creuser encore plus leur crédit qui sortent en vieille chevrolet rouillée du parking tout pourri.

Envie de vomir. Il paraît qu’y a du boulot en Alaska. Alaska en Conserve, ou Montana en Conserve… Parfois je lis les quotidiens francais, de tous bords. J’aime le slogan de L’Humanité, qui sonne vrai : « Dans un monde parfait, l’humanité n’existerait pas ». Bien vu coco !

Commentaires

J'ai envoye un commentaire mais il ne s'est pas affiche, pas grave, je le re-ecrirai plus tard.

Ecrit par : Steph du Texas | 14.12.2007

Les commentaires sont limites a combien de lignes?
Je n'arrive pas a envoyer le post.

Ecrit par : Steph du Texas | 15.12.2007

Bon je vais re-ecrire mon post que j'ai perdu hier.
Dans les villes du Sud des USA je ne pense pas que l'on ait encore aboli l'esclavage. Je me souviens il y a quelques annees de cela au Texas, pour des gens travaillant dans la meme societe, il y avait un batiment pour les blancs, et un batiment pour les noirs. Ca m'avait toujours surpris et on retrouve cela encore dans la societe americaine: il y a des parents qui giflent leur enfant blanc pour dire "bonjour" aux noirs. En France, c'etait pareil aussi jusque dans les annees 60: dans l'Ile de la Reunion, lorsqu'un blanc marchait sur un trottoir, il fallait que le noir s'ecarte de son chemin pour ne pas interrompre son parcours.

Ecrit par : Steph du Texas | 15.12.2007

J'ai sauvegarde le post, il devait y avoir un setting pour augmenter le nombre de caracteres par commenaire.

Ecrit par : Steph du Texas | 15.12.2007

Salut Steph, j ai jamais eu ce genre de problemes avec les commentaires. Tu sais, je travaille dans une ecole avec des enfants noirs (99%), alors que dans le village a cote ils sont a 80% blancs. Deux ecoles publiques du meme district ! Cherchez l'erreur...

Ecrit par : Jean | 15.12.2007

C'etait le debut de mon commentaire, et meme en le cassant en plusieurs parties, ca ne s'est pas affiche pas; c'est dommage car j'avais plein de choses a raconter, mais ca sera pour une autre fois :)
PS: il n'arrete pa de pleuvoir ici a Houston depuis que je suis arrive.

Ecrit par : Steph du Texas | 17.12.2007

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